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Unpolished : comment Midnite est devenu légendaire dès son premier album ?

Sorti en 1997, Unpolished est le premier album de Midnite. Pourtant, il ressemble très peu à un premier album. Rien n'y donne l'impression d'un groupe encore en train de chercher son identité. Les riddims sont déjà solidement construits sur toute la durée du disque — basse et batterie imposent cette pesanteur hypnotique qui deviendra caractéristique du groupe, les arrangements de Ron Benjamin possèdent déjà une économie immédiatement reconnaissable. Et dès les premiers morceaux — Bushman, Propaganda, Kaaba Stone, Due Reward, Meditation — Vaughn Benjamin déploie un langage, des références et des problématiques qu'il approfondira pendant toute sa carrière.

Histoire africaine, identité, pouvoir, émancipation, médias, Rastafari, Bible, cosmologie, responsabilité individuelle et collective : le premier album contient déjà une grande partie du territoire intellectuel dans lequel Vaughn Benjamin circulera durant les décennies suivantes. Comment expliquer une telle maturité, musicale comme philosophique, dès le premier opus ?

Pourquoi Unpolished sonne-t-il si peu comme un premier album ?
Après huit années de maturation, Midnite fixe sur disque un son, une méthode et une pensée déjà profondément constitués. Retour sur la naissance d’un album où musique, livity et message ne font déjà plus qu’un.

Avec Bushman, Vaughn Benjamin ouvre Unpolished par une réflexion sur les mots, l’identité et le regard porté sur l’Afrique. En retournant un terme chargé d’une histoire coloniale, il fait du langage le premier terrain de l’émancipation.

Love the Life You Live Une méditation sur la valeur de l’existence et la manière juste de la conduire. Vaughn Benjamin y oppose aux illusions de Babylone une vie fondée sur la conscience, la responsabilité et les principes de Rastafari.

Propaganda : Qui façonne notre vision du monde ? Vaughn Benjamin démonte les mécanismes de la propagande et interroge la manière dont médias, langage et pouvoir peuvent orienter nos représentations jusqu’à nous faire prendre une construction pour la réalité.